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Dominique Brynaert

Dominique m’a initiée à l’art du conte. Quel incroyable ressenti que celui de faire vivre une histoire, non pas à la manière du théâtre ou encore en la lisant, mais bien en se l’appropriant, en ne faisant qu’un avec le conte que l’on transmet dans une atmosphère très particulière, spécifique au conte. Voir des adultes face à nous se laisser emporter et retrouver ce que j’ai envie d’appeler “leur regard Peter Pan” où tout est possible c’est tout simplement magique.

Je te laisse découvrir son parcours.

Bonjour artiste passionné.e et passionnant.e,

Peux-tu te présenter en quelques mots STP ?

Dominique Brynaert, ancien animateur radio à la belle époque des radios libres, puis journaliste professionnel – dont 24 ans en télévision -, et, depuis plus d’une décennie, juste conteur d’histoires pour les grands parce que, pour moi, les contes ne sont pas fait pour endormir les petits mais plutôt pour éveiller et réveiller les adultes. Un exemple ?  “Un jour, un gamin venu avec son père au cirque, va visiter les animaux. Il s’étonne de voir l’éléphant attaché à un piquet ridicule. Il suffirait à l’énorme animal d’user de sa force pour arracher le piquet et s’en aller. Pourquoi ne le fait-il pas ? Le père explique à son fils que l’on a habitué l’éléphanteau à être attaché à ce piquet. Au début, il a essayé de tirer sur sa chaîne mais il n’avait pas encore assez de force.

Après des lendemains et des surlendemains d’efforts sans résultats, il a fini par accepter son impuissance et s’est résigné à son sort. Devenu adulte, il ne cherche plus à s’évader simplement parce qu’il s’en croit incapable.

Et vous à quel bout de bois, à quelle chaîne dérisoire, restez vous attaché ? De quoi vous sentez vous incapable et pourquoi ? Voilà comment nous interroge cette courte histoire. . J’aime particulièrement les contes de sagesse, dit philosophiques car ils ne nous imposent pas des vérités mais des réflexions sur nous et le monde. Mais j’ai aussi un faible pour les contes fantastiques à la belge qui nous entraînent, après un glissement de la réalité vers l’improbable, dans l’imaginaire total.

Dans quelle(s) discipline(s) artistique(s) trouves-tu plaisir?

J’aime écrire et dire le conte. Mais ce que je préfère en encore plus c’est la formation au conte pour débutants, pour ceux qui veulent découvrir cette discipline artistique, non pas nécessairement pour devenir conteur ou conteuse mais qui cherchent à s’ouvrir aux histoires, et qui viennent découvrir qu’ils ont plus de talents qu’ils ne croient et que leur imaginaire ne demande qu’à être réveillé après des années de sommeil ( le syndrome de la Belle au Bois dormant à cause de l’éducation , des activités professionnelles qui vous demandent d’être dans la réalité et non pas dans l’imaginaire ). Je leur offre une méthode d’apprentissage qui ne nécessite pas de faire appel à la mémoire des mots mais plutôt à la mémoire visuelle et à la structuration d’un récit.

Peux-tu décrire ce qui t’anime lorsque tu crées ? Ce qui te met en joie et ce que tu as “en-vie” de partager avec le monde à travers ton art.

Pour moi le conte est un couteau suisse. Il sert en de multiples occasions. Pour amuser, pour éveiller, pour aider à résoudre des conflits ( intérieurs comme extérieurs) pour comprendre ce qui nous anime, parfois pour nous consoler ( j’ai conté lors d’une cérémonie d’enterrement ! )  ou surtout pour entendre ce que nous n’aurions pas voulu entendre autrement. Ce qui me rend heureux, après un spectacle ou une formation, c’est qu’on vienne me dire juste “merci”. Les bravos ne servent que l’égo, les mercis élargissent “l’âme”.

T’est-il possible de mettre des mots sur ce que tu ressens lorsque tu pratiques ta discipline artistique? Les sentiments et émotions qui te traversent avant, pendant et/ou après.

Sentir que l’on captive les oreilles, qu’un silence intense à chaque fois s’établit lorsqu’on commence un récit ne cesse de m’étonner. C’est la force du conte plus encore que celle du conteur. Et puis ensuite, c’est un moment formidable de partage, les yeux dans les yeux, car souvent le conteur et son public sont très proches dans “la bulle” où se passe la rencontre du récit et de celui qui l’écoute.

As-tu une phrase qui te booste et/ou une chanson qui te donne la pêche à coups sûrs?

Il faut que les portes de l’Imaginaire soient grandes ouvertes.

Le réel sent trop le renfermé et le salut est dans les courants d’air.

N’en cherchez pas l’auteur, c’est moi… 🙂

Où peut-on te retrouver? sur quel(s) réseau(x) et sous quel nom?

Le site de mon association : www.racontance.be

la page facebook de mon association :  Asbl racontance

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Une dernière chose à partager avec nous ?

Juste une petite phrase :

Lire, écouter, dire un conte, c’est avoir l’assurance, durant le voyage de notre vie, de ne jamais rester longtemps dans l’obscurité. Alors osez le conte !